Théâtre
La Tête de Salomé
« Mes yeux resteront à jamais éblouis du sourire serein de ces têtes coupées »
V. Hugo, les Contemplations
Un spectacle du Bin Kadi So
Un opéra verbal,
un rituel de lucidité où l’on n’est pas que sa faute et où l’on peut retrouver un désir perdu.
Salomé, soutenue par sa mère Hérodiade, demande à Hérode, son beau père, la tête de Iokanaan : le prophète reprochait à Hérode d’avoir épousé la femme de son frère.
Iokanaan harangue les foules, parle de dépouillement, de châtiment, veut séparer le corps de la tête ! Il est la voix qui donne l’intelligence au verbe, redonne une place à l’Amour- agapè.
Iokanaan n’est plus le salaire d’une danseuse, mais il inspire la danse et le chant qui symbolisent le retrait de tous les masques. C’est devenu le combat de la chair contre l’esprit : deux danses le symbolisent : la danse de séduction, dirigée vers Hérode, tournée vers la mort, la danse mystique des sept voiles, au cœur même de la chute où Salomé touchera à un amour invincible qui dans toute son absurdité deviendra révélation.
De la tête coupée de Iokanaan devenue sacrée, vont naître mille mots, mille graines, de quoi nourrir des foules. Et par ce rite de décapitation, Salomé captera l’esprit et la puissance spirituelle.
Dans sa marche avec la tête coupée bien en main au niveau du cœur, elle symbolise l’unité cerveau-cœur retrouvée. Les révoltes du début marquent le départ d’une ère nouvelle : Salomé est femme de la Mort et de la résurrection, femme du gué, du passage, sa chute dans l’eau lui fera revivre une relation mystique : sa tête sembla tranchée et posée sur un plat d’argent!
Textes : de Khalil Gibran, Oscar Wilde, Zadi Zaourou
Montage et mise en scène : Marie-José Hourantier
Salomé: Wendyam
Iokanaan : Pooty
Costumes: Nawal El Assad
Décor : Issa Diabaté, Mariam Koné
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